La difficulté d'être parent - Liens en vrac de sebsauvage - Les Internets de MayaJ


En effet, si vous ne le sentez pas, ne faites pas d'enfants: vous n'êtes pas tenus de le faire, on s'accomplit soi-même beaucoup plus sans eux qu'avec eux...
Si vous avez des projets, des passions etc, dites-vous que tout passera au second plan [1].
Vous mangerez, dormirez, vous déplacerez, partirez, reviendrez, parlerez, vous tairez en fonction d'eux.
Tout. le. temps.

Aimer ses enfants, c'est facile: ils sortent, on vous les donne, vous les aimez... c'est automatique, presque animal.
Les faire grandir et s'épanouir tout en survivant à l'opération, c'est plus dur.

Il faudra savoir se faire passer en dernier tout le temps, savoir se dire non, pouvoir renoncer à plein de choses que vous aimiez avant, dire adieu au calme et au silence, pouvoir supporter qu'on vienne vous chercher et qu'on attende des choses de vous à toute heure, accepter de ne jamais rien mener à bien sans une quantité impressionnant d'interruptions[2]...

Comme je dis toujours, avoir des enfants, c'est bien parce qu'on n'est jamais tout seul mais c'est chiant parce qu'ON N'EST JAMAIS TOUT SEUL !

Et encore, mes gamins ne sont pas des tyrans ou des petits cons: ils sont affectueux, bien élevés (), profondément gentils, compréhensifs, intelligents... Je les aime au delà de tout et, comme tous les parents, je me jetterais au feu pour eux.

Mais ils ont tout le temps besoin de moi, s'embrouillent entre-eux pour un oui pour un non, entrent dans la phase où il faut répéter 5 fois par personne, viennent me chercher pour n'importe quelle broutille ou arbitrage, parlent fort (voire hurlent) quand on pourrait chuchoter, n'arrivent jamais à se mettre d'accord sur rien... c'est en quelques sorte le service minimum de la perturbation quand on a 4 enfants.

Ils sont une source de perturbations continuelle du matin au soir à tel point que si je veux m'adonner à une de mes passions, je dois attendre d'être seul chez moi.

Et je ne parle même pas des relations de couple: plus d'intimité, un/e conjoint/e qu'on ne fait plus que croiser comme un vulgaire coloc... et du coup, le soir, après le dernier coup de feu, il faut quand même aussi se retrouver, bavarder, se raconter des trucs: vivre une vie de couple... et non pas se mettre à ses projets perso.

Une époque, j'ai essayé de tout mener de front tout en prenant mon temps personnel sur mon sommeil après que mon épouse s'était endormie... ceux qui me suivent depuis longtemps savent que j'en ai fait un burnout.

Un jour, ma fille aînée m'a demandé si le burnout était de leur faute: je lui ai répondu que quand les parents vont mal, ce n'est pas la faute des enfants et je l'ai serrée dans mes bras.

Parce qu'après un tableau aussi sombre, il faut quand même dire ce qu'il y a de bien:

  • eux aussi ils vous aiment, et pas qu'un peu: vous êtes le roc auquel ils s'accrochent dès que ça ne va pas, leur phare, leur repère (même si l'adolescence peut être dure). Si vous n'étiez pas là, une énorme partie de leur monde et de leur personnalité s'écroulerait.
  • vous êtes accueilli par des «papaaaa» tonitruants, des câlins, des bisous et dès que vous sortez de leur champ de vision, ils demandent «où il est papa?»
  • on est fier de ce qu'on a accompli avec eux: certes on n'a pas pu faire ce qu'on voulait quand on le voulait, on n'a pas pu se consacrer à ses passions ou sortir quand on le voulait, mais ça valait le coup... voir leurs personnalités se former, les voir devenir de futurs adultes intelligents, sensibles aux autres et à l'égalité, faire des projets, vivre des moments en famille, répondre à leurs questions, partir en vacances ensemble... c'est formidable.
  • jouer avec eux: quand on renonce à faire ce qu'on voulait faire, on s'amuse vraiment bien avec eux: c'est comme ça qu'on se met à construire une cabane dans les arbres, un train légo, un circuit de billes, à entamer une partie endiablée de risk starwars ou de bonne paye et de s'y amuser vraiment...
  • on peut les faire marrer facilement et croyez-moi, il n'y a pas grand-chose de plus satisfaisant que d'être à l'origine d'un incoercible rire d'enfant
  • quand ils viennent en douce se glisser dans le lit parental pour chercher un câlin
  • quand, peu rassurés ou profitant de l'absence de leurs frères et sœurs, ils viennent vous prendre la main. (je crois que leurs petites mains dans la mienne sera une des choses qui me manqueront le plus)
  • vous avez des tonnes de choses à raconter, des aventures aux urgences aux petites phrases qui tuent (faudra que je fasse un post à ce sujet, qu'on se marre)
  • vous vous sentez complice de beaucoup de parents et vos gamins sont souvent un prétexte pour entamer une discussion avec les gens (et tous ne sont pas des connards )

    J'en oublie beaucoup, pris dans la tourmente du quotidien et des urgences journalières, mais c'est tout ça qui fait oublier les difficultés et les tonnes de couches (littéralement[3]), la merde, les pipis, les vomis, les rdv, le bruit, le manque de sommeil, les projets passés à la trappe...

    Moralité, faites des enfants si vous le sentez, sinon... ben c'est pas obligé.



    [1] Pourquoi pensez-vous que je n'ai pas terminé BozonV3 ? parce que je n'ai pas pu m'y consacrer depuis trois ou quatre mois. Voilà
    Quand je tente d'y replonger, on vient m'interrompre de suite.

    [2] Une fois, j'ai voulu noter toutes les interruptions que je subissais dans la matinée. J'ai pris un postit. Au bout de deux heures, j'attaquais mon 4 ème post-it après une quarantaine d'interruptions. Dans la seule rédaction de ce billet, j'ai été interrompu environ 25 fois par mon petit dernier... D'ailleurs, je tape cette ligne avec mon gamin qui me parle, colle ses doigts sur l'écran, me demande son avis sur son coloriage (que je lui ai imprimé pour l'occuper le temps de taper ce billet), me parle de minecraft etc.

    [3] on sort des couches à peine maintenant (mon dernier ne fait plus pipi au lit depuis début août), ça fait donc 13 ans de couches depuis la première. A trois couches/jour en moyenne (chiffre raisonnable compte-tenu du nb d'enfants)... environ 133603=14040 couches... à 16 balles les 50, environ 4500€... si on compte environ 300g de déjections par couche, mes gamins ont rejeté environ 4,3 tonnes de matières dans leur couches...
    Via SebSauvage


❝ 2 commentaires ❞

1  liandri le

D’où le surnom "the poop factory".

 
2  procauxfiefs le

C'est sans compter des effets pervers de l'adolescence programmée.

 

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