Avis sur la série The Mandalorian (2019) - Désert créatif - SensCritique

La vache, ne regardez pas the book of Boba Fett alors...

Pour the mandalorian, que j'ai bien aimé alors que j'ai été très réservé sur les films starwars, j'ai plusieurs arguments:

la cohérence ?! et alors ?!

On se fout de la cohérence de l'univers star wars depuis si longtemps que ça n'est plus du tout un argument pour rejeter une création dans ce contexte narratif. Pire, l'univers star wars n'a JAMAIS été cohérent et on s'en foutait dès le début: certains robots bipent - obligeant les gens à apprendre leur «langage» - alors que d'autres parlent parfaitement, par exemple. OSEF ils ont des sabres lasers ! o/

une affaire d'ambiance

Comme dirait Alexandre Astier à propos des dialogues: «il faut que ça sonne» A mes yeux, c'est le point fort du mandalorian: l'ambiance et les dialogues, la façon de filmer - comme un western moderne (cf le premier épisode de la saison 1)... Le scénar n'est pas cohérent ? OSEF, il est classe, parle peu, a une rigueur morale qui pourrait servir de fil à plomb... C'est un chevalier moderne.

Côté ambiance, c'est une série qui assure le show: le travail sur les décors, les armes, les personnages, la musique... ça fonctionne bien et on reste dedans sans avoir envie de consulter les notifications de son portable.

le bébé yoda

La série tient par le bébé Yoda et sa relation avec Mando... Oui. Et alors ?! Le coup du bébé mignon, c'est quand même pas la première fois qu'on nous le fait et ça marche à chaque fois. Si on est un peu logique, le bébé Yoda était le meilleur choix de bébémeugnôn compte tenu de l'aura de mystère autour de Yoda, seul de son espèce.

En plus, ça prend une nouvelle perspective en transformant progressivement Mando en Papa malgré lui. De Bounty Killer sans état d'âme il devient chevalier et c'est à bébé yoda qu'il le doit.

c'est manichéen

Heuuu, vous êtes certains de vouloir la tenter celle-là ?! Vous voulez dire que le reste de la franchise starwars n'est pas manichéen ? Rien que l'idée du côté lumineux et du côté sombre, hein... Pis les méchants façon nazis avec leur Goebbles asthmatique... Non, vraiment, c'est schématique, manichéen, c'est assumé... et OSEF aussi, je pense.

«Digression pas très utile»

Oui, pas utile, en effet... comme la totalité de la série «moderne» en fait. Des épisodes successifs dans lequel le facepalm constitue le fil rouge narratif.

«Héros pas créatif, c'est Boba Fett avec un swap couleur,»

OMG, on n'a pas du regarder le même lol... Ben regardez donc the book of Boba Fett justement... Mando = Boba...?! LOL

«Le coup des trackers c'est une arnaque intellectuelle »

Oui, bien sûr que c'est bidon... comme les sabres laser et tout le tintouin... Rien n'est technologiquement viable, logique ou cohérent. So what ?! Si ça te fait sortir de l'histoire, je comprends même pas comment tu as pu voir le reste.

En un (ou deux) mots

Je vais pas lire tout le reste, parce que j'ai pas le temps, mais je résumerai ma pensée en disant que ces arguments ne devraient pas condamner The mandalorian car sinon, il faudrait condamner l'ensemble de la franchise...

The book of Boba Fett

Si vous voulez condamner une série, regardez Boba Fett: on dirait le dernier clone de Michael Keaton dans Mes doubles, ma femme et moi: le clone du clone tout pété génétiquement. Alors là, oui, je dirais que Boba Fett c'est un Mando raté avec un swap de couleurs. (#trollgratuit)

Acteurs navrants, esthétique sous acid, effets spéciaux dignes d'un film de Pierre Richard... Boba est dépourvu de charisme, ridicule tant il se la pète en accusant sans contestation possible ses soixante piges... Il joue comme un caïd violent alors qu'il cherche à tout résoudre sans l'être.

C'est d'ailleurs la seule chose qui sauve cette série consternante: le personnage principal refuse de régner par la peur et la violence, quitte à ce que ce soit plus difficile. ça change carrément de tout le reste.

Via https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/

Julie Oudet sur Twitter : Julie Oudet sur Twitter : "Dimanche 26 décembre 2021. Derniers moments off après 2 jours de repos, la boule au ventre à l’idée de retourner bosser. Le thread fouilli que t’es absolument pas obligé de lire, Twitter. ⬇️"

Copie de ce thread dont je recommande vivement la lecture...

« Pour ceux qui me connaissent pas, je suis bucheronne H24, ascendant urgentiste. C’est pas que je sois dure à cuire, c’est juste que ma zone de confort est l’aorte fissurée à 80 km de l’hosto. (Pour les moldus : le plus gros vaisseau du corps humain) En termes de chouineries de frêles docteurs, disons que j’aime la régulation (que la plupart des urgentistes détestent), surtout quand c’est le bordayl (bah quoi ?), et globalement quand il y a du sang partout et l’intensité humaine des drames à affronter. Une chochotte, quoi.

Mon job est une drogue, parce que l’adrénaline, parce que le sentiment de faire de mon mieux et le corollaire qu’est la paix que me fout ma conscience. Et plus c’est l’enfer, plus j’aime ça. Raison pour laquelle j’ai appris et adoré la médecine de catastrophe.

A mon actif aussi, en plus d’avoir le pire karma aortique imaginable ever, j’ai enfanté le plus grand vaccinodrome d’Europe. Entre autres.

LesUrgentistesCesFeignasses

Donc demain je retourne bosser après ces 2 jours de repos de nantie. Et j’ai peur. Peur comme j’ai jamais eu. De pas tenir. Ni moi, ni mes collègues soignants, face à cette 5e-6e vague.

Pour rappel nous étions, le système de santé, exsangues et crevards d’épuisement professionnel, avant la 1ere vague. Et depuis nous avons encaissé, encaissé, encaissé. Donné tout ce qu’on pouvait. Tout. Je sais pas comment au juste, nous avons pu, collectivement, faire face. Il le fallait. Nous étions épuisés, et las. Crescendo. Il le faut toujours. Mais je ne sais pas si nous y arriverons encore, je ne sais pas si j’y arriverai encore.

Y’a des fois où je me suis retenue de m’effondrer parce que je savais qu’autour des moi, des collègues et amis tomberaient comme un château de cartes. Y’a des fois où si des collègues et amis n’avaient pas tenus, je me serais effondrée.

J’ai choisi de m’investir corps et âme dans la mission vaccinale, en plus du reste, parce que c’est une façon de garder les yeux rivés vers la lumière dans l’obscurité qu’est cette crise. Cela a beau être éreintant, à ce niveau là d’investissement, ce n’est pas ce qui me pèse moralement. Grâce aux équipes (cc @ModoPioupiou & @vaccinatine), grâce au fait que ça soit la lumière dans ce tunnel.

Non. C’est au titre de mon job adoré, celui d’urgentiste, que je suis terrifiée. Pour plein de raisons. [c’est clairement le moment de m’unfollow parce que je compte pas vider mon sac avec des pincettes]

Pour nous autres urgentistes, la 6e vague s’annonce épouvantable. Oui, la vague « han mais omicron est juste un rhume ». Épouvantable.

Déjà parce que même avec une morbi-mortalité soi disant bien moindre (et vraiment j’espère que c’est le cas), très peu x énormément = beaucoup. Beaucoup trop. 100 000 nouveaux cas par jour, bordayl. J’en peux plus des gens qui ont manifestement dormi au fond de la classe en CE2 pendant le cours sur les multiplications, et qui disent que tout va bien aller parce qu’omicron serait gentil tout plein. J’en peux plus de ceux qui voient pas le problème en deçà de 60 % de saturation des réas. Pour lesquels en deçà, il est pas justifié de lever leur cul de leur canapé où ils pérorent sans rien y piger, pour ouvrir la fenêtre et aérer bordayl.

Passons sur le fait que les mêmes qui supportent pas le masque ouin ouin et ont pas confiance en la vaccination (expression trendy pour dire « peur des piqures ») sont ceux qui engorgent les cabinets médicaux, la ligne 15 et les services d’urgence quand ils ont un rhume. Tout, tout de suite, pour eux seuls, sans aucune considération pour le fait qu’il y ait d’autres citoyens dont le cas est substantiellement plus sévère.

Je sais pas pour mes collègues de France et de Navarre, mais j’en ai vu des caisses. Non vaccinés, 1er jour des symptômes, aux urgences « donnez moi de la morphine tout de suite j’ai trop mal à la tête », bien sûr en omettant malencontreusement de se signaler comme covid + et en gardant le masque sous le nez. Des caisses.

Donc même si omicron n’était qu’un gros rhume dans 100 % des cas, je serais pas très rassurée, dans cette société, de l’arrivée fracassante de ce variant avec le nombre de contaminations journalières inhérentes.

Je vais vous dire comment ça se passe concrètement aux urgences. On a des box. Isolés. Et un couloir, genre hall de gare mais sans la voix sympathique de Simone Herault. Une zone d’accueil. Et un « aval » (terme consacré) aka des chambres d’hospitalisation.

A l’accueil, perso, les covid qui nécessitent pas d’oxygène immédiatement, ils rentrent chez eux. Sans prise de sang ni scanner ni rien. Je m’expose sur le plan médico-légal et ce malgré le « revenez si ça se dégrade » systématique, hein, mais j’ai pas le choix.

De l’aval ? Bah l’hôpital est plein. Pour les patients covid comme pour les patients ayant d’autres pathologies, vous savez, les patients si nombreux déjà avant la crise que c’était déjà l’enfer. Donc l’aval c’est au compte goutte même quand en face de nous arrive un tsunami.

Alors les patients covid nécessitant de l’oxygène on les met dans les box. Isolés. Et les autres, quand le covid sature les box ? Dans le couloir. Le hall de gare. Sous les néons.

Donc la semaine dernière déjà, le patient non covid de 80 ans avec une hémorragie digestive, vous savez où il a passé de très (trop) nombreuses heures, parce que dans les box c’était covid covid covid ? Dans le couloir, sur un brancard inconfortable au possible. J’en peux plus. Son voisin d’infortune c’était un patient dont la pathologie a souffert du retard engendré par les déprogrammations successives, à cause du covid. Il n’en mourra pas (pas lui) mais ça lui fait mal, tous les jours, et ça le handicape.

Et dans les box ? Covid non vaccinés. Ayant besoin d’oxygène. De tous âges. Avec antécédents ou absolument sans aucune comorbidités. C’est devenu terrifiant.

Le fait de ne pas être vacciné est devenu, de façon écrasante - par écrasant je vous prie de bien visualiser ce que subissent les patients non covid et l’ensemble du système de soins - la pire des comorbidités ever.

Or l’âge on peut pas lutter. Les pathologies préexistantes bah elles sont là, ça veut pas dire que c’est peine perdue de les prévenir ou les traiter, hein. C’est juste qu’elles sont là, à l’instant t de la contamination. Mais bon sang, la vaccination. Le masque. L’aération.

« Gnagnagna on sait pas ce qu’il y a dedans [le vaccin] » : oui alors primo on en reparle quand vous cesserez de bouffer et fumer n’importe quoi ; secundo si si, on sait ce qu’il y a dedans et c’est pour ça que l’immense majorité des médecins s’est ruée vers la vaccination. Au passage, puisque c’est un thread exutoire ; les médecins qui déconseillent à leurs patients de se faire vacciner, sans aucun argument scientifique (je parle pas des rarissimes patients authentiquement contre indiqués) : je vous honnis. Les médecins qui sans le moindre argument scientifique disent que « le moderna c’est de la merde » et autres stupidités, pour saccager la confiance des patients en effet c’est top, mais je vois pas l’intérêt de pérorer nawak quand on en sait pas plus que le palefrenier du coin. Les journalistes qui continuent d’écouter exclusivement Blachier, le mec qui incarne la boussole épidémiologique indiquant le sud, c’est quoi votre problème ? Un pari perdu vous condamnant à ridiculiser vos rédactions pendant des mois et des mois ?

Il y a qq jours, il nous a fallu, à ma collègue de réa et moi, expliquer à un couple de patients covid non vaccinés que seul l’un des deux irait en réa Les deux graves. Scanners apocalyptiques, à se demander comment ils respiraient avec ça. Une seule place en réa.

Pendant ce temps, les rassuristes et les négationnistes, bref les jepensequamagueuliste ayant conjointement peur des piqûres + des fenêtres ouvertes + d’un bout de tissu devant le nez, nous traitent de chochottes. Han. Vous êtes mal tombés, les gars. Mon fond de commerce c’est l’arrêt cardiaque, et ma zone de confort le plus gros vaisseau du corps humain, qui encaisse 5 litres de sang par minutes, subexplosant à Perpette les Olivettes. Dont l’annoncer sans ciller aux familles. Une chochotte.

La chochotte sus-décrite vous dit qu’elle a peur. À quel moment, dans un avion dont les ailes brûlent, vous gardez confiance en votre voisin aviné qui dit que tout va bien, tandis que le personnel navigant, rompu à tous types d’avaries, est terrifié ? À quel moment vous continuez de penser que le doctorat en épidémiologie que vous n’avez d’ailleurs pas est la clé pour nier ce que vous disent les gens qui voient les malades au quotidien ? Signe que l’on en peut plus : de très nombreux soignants (je m’inclus) peinent de plus en plus à demeurer empathiques avec les covid non vaccinés non masqués etc. On parle de gens qui soulagent la douleur du type blessé après avoir conduit ivre. Vous n’imaginez pas.

Oui mais voilà. Massivement, le mépris pour les autres malades (oui oui, vous savez, les pathologies qui existaient déjà avant le covid, infarctus / cancer / etc), le mépris pour les soignants exténués, le fait de se mettre danger soi même. On ne supporte plus.

Ce soir j’ai voulu regarder les chiffres d’hospit covid dans mon département, songeant qu’ils seraient moins pire que mes craintes, pour me rassurer. Pour dissoudre cette boule au ventre. J’aurais pas du. D’un nombre déjà effarant le 24, il y a 2 jours, on est passé à largement plus que ce que mon esprit pessimiste pouvait envisager. « Omicron n’est qu’un rhume ». J’t’en foutrais, des rhumes qui ont besoin de 60 litres d’oxygène par minute pour pas crever. »

Pronom «iel» : l’Académie française a-t-elle autorité sur la langue française ? – Libération

Je ressors la vidéo «la faute de l'orthographe» https://www.youtube.com/watch?v=5YO7Vg1ByA8 : au temps pour la légitimité de l'académie française

Au passage, la langue ne se décrète pas: c'est l'usage qui fait la règle et pas le contraire... ce qui est parfaitement normal si on y réfléchit deux secondes.

Les langues évoluent par l'altération des usages et les influences que les locuteurs subissent (des pays limitrophes, des évolutions de la société, des changements dans les mœurs, des changements de niveau de mots [argot->langue courante], des fautes qui deviennent l'usage majoritaire etc etc etc.)

Pour qu'un usage prenne, il faut une sorte d'effet de parc: quand suffisamment de gens utilisent un fait de langue et qu'il devient la norme, il acquiert une certaine légitimité de fait... et les vieux birbes de l'académie doivent s'aligner. Ce fait de langue devient régulier (au sens grammatical du terme, bien entendu)

exemple: après que + indicatif est la règle historique (on dit après que je suis venu...) mais à force de faire l'erreur après que+subjonctif, cet usage s'est généralisé... il est désormais accepté.

Par contre, les modifications ne se font en général pas sur moins d'une génération: le temps pour les réacs de devenir minoritaires

Cette résistance à l'évolution de la langue une chose que j'ai du mal à comprendre: beaucoup de gens agissent et pensent comme si la langue leur appartenait et qu'ils avaient un droit de véto sur son évolution, décrétant ce qui doit se faire ou pas... Vous ne pouvez pas plus empêcher la langue d'évoluer que le vent de souffler; si un usage se répand, il deviendra la norme, que vous y résistiez ou pas.

« Je vais faire un thread [sur Twitter] et le garder sous le coude parce que j'en ai marre de me répéter. »

Gros +1.

Si quelque chose est suffisamment important pour requérir plusieurs messages twitter, c'est qu'il relève du blogging et pas du MICROblogging... ça tombe pourtant sous le sens.

Twitter n'est en aucun cas fait pour une pensée argumentée et réfléchie: c'est le contraire ! C'est un truc pour rester dans l'instantané, l'immédiat, la réaction plutôt que la pensée.

L'instantané est à la pensée  ce qu'il est au café:    de la merde.
Via https://sebsauvage.net/links/
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