Ornithorynque #254 | Terry Pratchett

Superbe billet de @Padre_Pio qui dit parfaitement l'amour que j'ai également pour Terry Pratchett...
Son oeuvre, sous le couvert de l'humour montre avec un talent rare les aspects dérisoires des sociétés, la vacuité des individus, les tenants et aboutissants de la condition humaine.


Toujours sans fatuité, sans grandiloquence, sans emphase: sa voix est claire, ses phrases ciselées... entre deux fous rires dus aux comparaisons dont il a le secret, on se prend à noter une phrase qui résume parfaitement une idée, un sujet, une condition...
Comme une partition de mozart, on a le sentiment que ce qui est dit n'aurait jamais pu être dit de façon différente, que toute modification rendrait la phrase moins claire et moins efficace.

Il fait partie de ces auteurs dont on ne lâche pas les romans, qu'on a hâte de retrouver comme on le fait avec de vieux amis... et même quand on se dit, «tiens, je lirai ce roman-là après le Pratchett du moment», on abandonne l'idée et on préfère repartir pour le disque-monde suivant...

Vous avez remarqué, je parle de lui au présent: il ne mourra jamais à mes yeux, tant sa perspicacité le rend immortel.
Il a tour à tour exploré le monde du rock et des fans, du foot, de la presse, de la banque, de la poste etc. en donnant l'impression au lecteur qui finit chaque ouvrage qu'il comprend mieux le monde désormais.

Mr. Pratchett, let me thank you... for all.

Via SammyFisher


Où sont les passionné.e.s ? - Le blog de Genma

Je suis d'accord avec l'analyse de Genma, SebSauvage et HowTommy: l'esprit de bidouille, c'était mieux avant, comme dirait Cyrille Borne...

Notre génération (j'ai 45 piges) a eu entre les pognes les premières machines accessibles au grand public (MO5, TO7, Amstrad cpc, Amiga/Atari st etc.), autant de bécanes sans OS (ou presque pour amiga/atari), avec lesquelles on était obligé de taper toutes les commandes, même pour jouer à un jeu...
Sans vouloir faire le #vieuxCon, cette austérité nous a poussé à nous adapter, avec une doc bien souvent même pas en français, sans internet ni tutos... rien. Démerde-toi.

On a appris «l'informatique» comme des bricoleurs aventuriers, avec un esprit Mc Gyver qui te poussait à trouver des solutions, à imaginer des moyens (je me souviens d'avoir développé un «virus» sur disquette pour faire chier un copain sur amstrad CPC.)

D'un côté, comme tout le monde le souligne, cet esprit conquérant-bricoleur-bidouilleur semble en régression avec la génération actuelle et c'est bien compréhensible: ce sont des usagers, pas des bricoleurs...

D'un autre, ils ont appris des bases de programmation dans les écoles et ont obtenu des diplômes qui sanctionnent la maîtrise de certains savoirs et sont - j'imagine - aptes à appliquer des modèles de programmation qui font gagner du temps...

On y gagne en normalisation ce qu'on y perd en inventivité (et en innovation) (et en entrain) (et en passion) (et en curiosité) ... merde.

Pour ma part, j'adorerais changer de taf et coder... ce qui me retient:

  1. je ne suis pas du genre à lâcher la proie pour l'ombre, surtout à mon âge.
  2. la parentalité a tendance à avoir raison de l'esprit d'aventure: en clair, quand tes décisions n'impactent que toi, tu fais avec... dans le cas contraire, tu ne te sens pas le droit de courir le risque.
  3. je suis passionné de programmation, j'adore apprendre, je serais fou de joie à l'idée de me lancer dans d'autres langages ou d'autres projets (je souffre souvent du syndrome « opitin, j'ai une nouvelle idée !») mais je connais mes limites et je serais navré de ralentir une équipe de dev en étant à la ramasse sur des trucs qui paraissent évidents aux autres...


    Du coup, je code quand il me reste à la fois de l'énergie ET du temps dans des projets que j'aime, utiles ou dérisoires, dans l'esprit de partage désintéressé, d'amusement, d'amélioration et d'entraide qui caractérise le monde du libre et qui n'engage à rien...


    Bon, je poste ce billet que j'ai écrit en 14 fois (ceci n'est PAS une exagération), interrompu - comme de juste - par les enfants, l'épouse, le repas à préparer, le linge à étendre, le coup de fil à l'ophtalmo etc.

    A mes paupières, il est déjà... houlà, 23h45
    Via plein de copains

Café des blogueurs: Stéphanou

Stéphanou
@notabene

NB : je ne code pas mais je crois que la codocratie n'est pas la seule alternative dans l'OSS. L'open source a besoin de gens qui sont simples utilisateurs, de gens qui font des tickets UX, acessibilité, etc.

Les projets qui ne le comprennent pas sont condamnés à ne jamais être grand public.

Je reposte ici ma réaction:

@notabene
Je suis tout-à-fait d'accord: un codeur ne peut pas tester correctement son appli, il est trop impliqué et il la connait trop bien.

On a BESOIN des usagers qui sauront remonter leur opinion, leurs idées et surtout les bugs qu'ils ont rencontrés en utilisant "mal" l'appli: ça permet au codeur d'améliorer considérablement son travail.

MERCI à tous ceux qui prennent le temps de tester et de remonter leurs conclusions !

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