« aime tout le monde quitte à te tromper, mais essaye l’amour en premier plutôt que la méfiance »
Voilà une maxime qui, tout bisounoursesque qu'elle paraîsse, changerait la face du monde.
Au lieu de la méfiance à l'encontre de ce qui n'est pas l'entre-soi, appliquer la bienveillance et la chaleur humaine par défaut...
De toutes façons, il sera toujours temps de [se fâcher/se faire la gueule/se diviser] plus tard si ça s'avère inévitable et il vaut mieux se tromper en souriant à un connard que de rejeter une personne de bien.
De plus, et ce n'est qu'une impression personnelle, j'ai le sentiment que depuis quelques années, les gens réagissent plus favorablement au sourire, même les autres hommes: comme si tout le monde avait davantage besoin de fraternité et de complicité qu'avant.
«Faut faire caca Monsieur Valls parfois hein. C'est pas très beau de faire ressortir vos excréments par la bouche. Sombre ordure.
"J'ai le droit, j'ai même le devoir de me battre contre l'idéologie qui a façonné le terrorisme"
L'idéologie qui façonne le terrorisme, c'est le capitalisme et son impérialisme : en prenant tout pour les plus riches ; en faisant la guerre pour voler des continents entiers, en Irak, en Syrie, en Libye et tant d'autres pays ; en faisant la Françafrique et le Franc CFA ; en organisant la famine alors qu'on produit assez de nourriture pour 2 fois la population planétaire ; en offrant aux populations les plus pauvres, en France, en Europe et dans les pays industrialisés, comme horizon de vie de bosser pour un salaire de misère, dans des conditions déplorables, en mourant sans rien posséder d'autre que quelques habits et une alliance, persécutés par la police, parce qu'il faut soit disant "faire des efforts" alors que vous et vos semblables ne faites que vous goinfrer toujours plus ; en prétendant qu'il n'y a pas d'alternative à la merde immonde que vous nous proposez ; en prétendant qu'il n'y a rien de plus beau que de sacrifier sa vie au nom d'une nation, cette nation qui n'a aucune substance autre que celle que vous avez décidé, dans votre coin, sans consulter personne ; en faisant croire que le problème, c'est l'étranger alors que le problème c'est le capitalisme.
C'est cette idéologie, et pas une autre, qui crée les terroristes d'aujourd'hui, et pas uniquement ceux qui se prétendent de l'Islam. C'est cette idéologie, que vous avez servi et développé, Monsieur Valls, qui est responsable des faits que vous reprochez et pour lesquels les défenseurs devraient "rendre gorge". Très bien, et pour une fois, quelque part, nous sommes d'accord. Passez devant.»
Voilà le genre d'article qui m'agace un peu, d'autant que j'ai entendu une personne, pourtant éduquée, avec un master et en pleine thèse, décréter que «l'école, c'est de la merde» en se basant sur son expérience personnelle et en la généralisant alors que ce même système lui a permis d'arriver où elle en est en restant fidèle à elle même et à sa façon de voir le monde.
Donc, sans dénigrer la pensée philosophique soutenant l'article, dont je ne cherche pas à minimiser les arguments, j'aimerais quand même mettre le doigt sur ce qui me dérange dans les deux premiers paragraphes, à savoir qu'on jette encore le bébé avec l'eau du bain.
Je n'ai pas lu le lien encore, mais, impulsivement, j'ai réagi pareil:«un monde où le wifi est gratuit mais le pipi payant»
Puis j'ai réfléchi: ça coûte quand même moins cher de fournir du wifi gratuit que des chiottes propres et en bon état (surtout quand on voit à quel point les gens sont répugnants: de la pisse un peu partout, des tags dégueulasses, des chiottes bouchées par du papier ou de la merde - quand ladite merde ne se trouve tout simplement pas à l'extérieur de la cuvette...)
En fait, c'est parfaitement compréhensible: on ne paie pas le service, on paye l'entretien rendu nécessaire par les connards qui en abusent... comme toujours.
Le type cité dans l'article, patron d'une "PME industriellle" disait en substance "les apprentis, c'est nul, ils savent rien faire, l'école ne leur a rien appris, du coup nous on perd du temps à les former"
Mais purée de patates chaudes, n'est ce point précisément à ça que sert l'apprentissage ? Les apprentis ne coûtent rien aux entreprises, et elles voudraient en plus qu'ils/elles fassent le boulot à la place de leurs employée·e·s ? (ou plutôt : à la place d'embaucher des employée·e·s) ? Mais, triste sire à courte vue, si des gosses entrent en apprentissage, n'est ce pas justement pour apprendre quelque chose ? L'apprenti·e qui entre dans un salon de coiffure, dans une entreprise de plomberie ou dans un commerce, n'est ce pas justement pour que le patron -tout fier quand il s'agissait de toucher la thune et foutre un autocollant sur sa porte- lui apprenne son métier ?!?
Non ! Encore une fois, c'est l'école qui doit tout faire (éduquer vos gosses ET leur apprendre un métier) pendant que ceux dont c'est le rôle (les entreprises dans le cas qui nous concernent) ne font RIEN et se contentent de chouiner.
Et ça m'énerve d'autant plus que ça s'inscrit dans la droite ligne de cet immonde slogan du MEDEF ["Si l'école faisait son travail, j'aurais un travail"][1], affirmant crûment et sans ambages que, si des gens sont au chômdu, ce n'est pas la faute de leur boîte qui les a viré pour faire plaisir aux actionnaires, ni du banquier qui a refusé un prêt au patron de la PME, ni d'une mesure gouvernementale qui, par exemple, déciderait de diviser par 2 le prix auquel EDF rachète l'énergie éolienne, non, non, non, c'est juste la faute de l'école qui leur a mal appris les tables de multiplication et la liste des sous-préfectures de la Nouvelle Aquitaine et des Hauts-de-France.
BULLSHIT BULLSHIT BULLSHIT BULLSHIT BULLSHIT
Qui aurait pu dire qu'on trouverait un bon résumé d'une situation politique complexe et grave dans un site comme Topito (classé dans la rubrique «conneries» de mon plugin de lecteur RSS) ?!
Résumé:
Le catalanisme a des origines anciennes
Le catalanisme est un mouvement trans-partisan (à la fois de gauche et de droite, pour des raisons évidemment différentes)
Des enjeux économiques très forts
Une plus grande autonomie votée, puis annulée
Un premier référendum a eu lieu en 2014 (trop peu représentatif et condamné par Madrid par la suite)
Les indépendantistes sont majoritaires depuis 2015 en Catalogne (à mon avis, moins qu'on le pense, mais il aurait fallu laisser la Catalogne organiser le référendum pour le savoir)
Le référendum a été interdit par le gouvernement espagnol
Le gouvernement espagnol a mis en place un attirail de répression très puissante (dans la droite ligne de la loi Mordaza lien )
La situation est désormais totalement ingérable
L'enjeu européen
Ce à quoi j'ajouterais
Rajoy est un trou du cul libéral et conservateur, donc, la liberté des peuples, il s'en tamponne le fondement avec une clé de douze.
Finalement, la réaction de Madrid à la demande de la Catalogne me semble disproportionnée et contre productive:
la volonté de la Catalogne est légitime, au nom du droit des peuples à décider de leur destin et ce quoi qu'on pense de l'indépendance.
en interdisant le référendum, Madrid a perdu une occasion de montrer que les indépendantistes n'étaient pas forcément majoritaires: il aurait mieux valu encourager les catalans à se rendre aux urnes en masse en faisant valoir le processus démocratique.
une fois l'interdiction posée, Rajoy n'avait plus le choix que d'user de la force (ben oui, il va pas se dégonfler, hein ?! c'est un connard je rappelle): sa plus énorme connerie... Je suis français et catalan d'origine, j'aime autant vous dire que forcer un catalan à quelque-chose, c'est pas gagné d'avance (c'est pas pour rien que leur symbole est un âne, on dit «catalá burru» soit catalan = âne). Du coup, employer la force n'a conduit qu'à indigner et donc radicaliser les «indépendantistes mous» et à pousser les indécis vers les urnes pour punir le pouvoir central.
Résultat: plus de 800 blessés dans la répression policière d'un événement démocratique pacifique. En Europe. En 2017.
Pas étonnant, toute proportion gardée, qu'on retrouve des slogans antifranquistes dans les rangs catalans...
Super... comportement suspect ? -> obligation de dévoiler TOUS TES IDENTIFIANTS !!! TOUS !!!
"Un seul identifiant oublié, trois ans de prison et 45 000 euros d'amende"
Aïe.
Je résume les contre arguments ici (copicollage):
Cette obligation « porte une forte atteinte aux libertés constitutionnelles : respect de la vie privée, secret des correspondances et droits de la défense ».
« nul n’est tenu de participer à sa propre incrimination » (décision du Conseil constitutionnel du 4 novembre 2016 qui a rappelé « le principe selon lequel nul n’est tenu de s’accuser, dont découle le droit de se taire ».)
cette mesure viendrait heurter le principe de nécessité puisque la loi sur le renseignement prévoit depuis le 24 juillet 2015 une armada de mesures pour « récupérer les identifiants techniques de connexion, sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement ou du juge administratif, qu’il s’agisse de l’accès aux données de connexion (article L. 851‑1 du Code de la Sécurité intérieure) ou du recueil en temps réel des données de connexion (article L. 851‑2 du Code de la Sécurité intérieure) ».
les députés GDR ont jugé « paradoxal » d’inscrire cette obligation dans le droit commun alors qu’elle n’est pas prévue dans le cadre de l’état d’urgence, censé être plus sécuritaire que sécuritaire.
Ugo Bernalicis (FI): « Donc, je résume : on est suspect, on n’a pas de preuve, on est suspect. On peut se voir poser un bracelet avec le consentement, on doit sinon pointer une fois par jour et puis en plus, on doit communiquer ses identifiants, numéro de téléphone, etc. (…) C’est aller très loin dans la remise en cause des libertés individuelles (...) ou alors les principes évoqués de se taire (…) ne veulent plus rien dire dans cette ère d’infrasoupçon »
On est passé de présumé innocent à coupable par défaut tranquilou, comme ça, détendu du gland...
Mais arguer de l’honnêteté de la majorité des employeurs pour par exemple casser le droit du travail est pour moi un non sens. On entend plus que cette chansonnette “il faut faire confiance” dans la bouche de nos gouvernants dirigeants. Il ne peut être question de confiance dans ces affaires. La loi est entre autre là pour protéger du pire. Cette position c’est pour moi comme vouloir adoucir la législation sur le crime organisé au prétexte que la plupart des citoyens sont honnêtes. C’est irresponsable.
La classe inversée pose tout de même quelques problèmes, on va citer les moins honteux, dans un premier temps. L'élève doit avoir le matériel adéquat pour travailler à son domicile, une connexion Internet fiable, des appareils numériques. L'élève doit surtout étudier à la maison et faire le choix du travail devant l'ordinateur plutôt que d'être sur Facebook. L'enseignant dans la situation actuelle sait que le cours aura été fait, sait que les devoirs ne seront pas faits. Dans la situation de la classe inversée, si les élèves n'ont pas étudié le cours, l'enseignant ne pourra pas faire les exercices et sera dans l'obligation de refaire le cours.
De façon objective, la classe inversée est un principe intéressant car elle permet à chaque élève de travailler à son rythme, développe l'autonomie, néanmoins elle ne peut s'appliquer à tous les profils d'élèves. Mes élèves ne sont pas autonomes, et auraient beaucoup de mal à s'organiser de façon individuelle pour faire les apprentissages. Je pense qu'ils regarderaient peut-être, mais qu'ils feindraient de ne pas comprendre, ne comprendraient pas et auraient besoin compte tenu du niveau de faire appel à l'enseignant.
C'est un problème de fond, dans mon profil d'élève, si on n'est pas à côté, ils ne font rien, il serait nécessaire d'avoir les parents qui veillent à ce que l'enfant fasse la séance complète quand les parents ne pointent ni les devoirs ni les sacs de leurs progénitures.
La capsule est souvent vidéo, c'est logique, [...] ils ont besoin de voir une image, c'est fondamental. Par le fait, il faut filmer, il faut refaire, se former au cadrage, répéter sa scène, faire des effets spéciaux si possible car les élèves connaissent bien le format Youtube auquel ils sont accrocs. Le temps de réalisation d'une vidéo, les connaissances qu'il faut acquérir sont nombreuses et réalisées hors du temps scolaire. Car ici, il faut comprendre que vous devez préparer ce travail pour vos élèves en dehors du temps de face à face mais vous devez aussi préparer la séance d'exercice correspondante. On est donc de base à un temps de travail qui est doublé, si nous ajoutons le temps de formation aux outils [...] doublé relève de l'euphémisme, dans les premiers temps de réalisation, on doit arriver à quatre ou cinq fois la masse de travail.
On nous pousse à de la réalisation de contenus pour nos séances, ces contenus bien sûr sont publics et peuvent être récupérés [...] on pourrait très bien imaginer qu'on nous demande de fabriquer des contenus pédagogiques en vidéo, que nous enverrions à nos hiérarchies respectives. [...] Des maquettes plein les mains, on aurait peu de peine à repérer les talents, des profs très bons[...]. Comme nous braves petits soldats culpabilisés [...] ils pourraient alors suivre uniquement les cours de nos nouvelles stars et en terminer avec la pédagogie classique pour remplacer la majorité des enseignants présents.
Je n'ai jamais appris autant qu'aujourd'hui et je fais partie de ces professeurs qui s'interrogent sur le sens de leur mission, car une vidéo des statistiques expliquées à mon chat est pour certains élèves meilleure que mon cours.[...] Le mal est fait, le contenu accessible au grand public est tellement grand, tellement puissant, que le rôle de l'enseignant est à reconsidérer ou ... pas. L'école n'est pas que le lieu des savoirs, c'est aussi la garderie et la socialisation pour les enfants. Combien d'enfants si on leur laissait quartier libre iraient sans la présence des adultes dévorer du savoir ? [...] l'enseignant a l'incroyable talent de prendre trente gosses en même temps et de réussir à faire quelque chose, peut-être pas de la façon la plus pertinente, la plus passionnante, mais pour l'heure il n'y a pas de machine qui peut nous remplacer, nous qui sommes quelques part le dernier rempart avant les parents.
J'ai découpé, mais le billet vaut le coup.
J'ajouterais un truc: imaginons que tous les profs pratiquent la classe inversée... les mômes tripleraient leur temps de travail à la maison. Vous me rétorquerez sans doute que trois fois zéro font pas grand-chose...
Oui, Brassens est un reflet typique de son époque... Je vais réagir en prof:
Je dirais qu'on peut l'écouter aujourd'hui à condition de mettre ses propos en perspective et montrer en quoi ils sont contestables.
Ben tu l'as fait... ;-) Merci
Au passage, nous ne sommes pas responsables des erreurs de nos aïeux mais ce n'est pas une raison pour ne pas les corriger ;-)
J'ai pas encore lu l'article mais ça va pas m'empêcher d'ouvrir ma mouille:
On compare les anglo saxons avec les français en matière d'alcool, sérieusement ?!
En France on boit pour toutes les occasions, tous les prétextes sont bons: ce n'est pas une critique, c'est simplement un fait.
De plus, le vin en particulier fait partie de notre culture et reste indissociable de notre gastronomie.
Va chercher ça chez les anglo saxon.
Alors, en effet, il ne faut pas prendre les gens en général - et es femmes en particulier - pour des cons.
Mais il ne faut pas oublier qu'il y en a un paquet de bas du front quand même... des gens pour lesquels boit un petit peu n'a pas du tout le même sens que pour une personne raisonnable.
J'en connais un paquet et j'en côtoie beaucoup dans le coin où je vis.
Faut pas oublier les dégâts de l'alcoolisation sur le foetus.
Donc, oui, quand on est enceinte on peut boire une coupette de champ pour une grande occasion... mais ce n'est pas aux femmes raisonnables que ce conseil s'adresse mais bien aux autres, qui ne sont pas objectifs sur leur consommation d'alcool voire même qui lui trouvent des vertus limite médicinales...
Dans le coin où je vis, il y a un toubib qui expliquait qu'il arrive à reconnaître les enfants victimes d'alcoolisation foetale...
Donc, ces conseils peuvent être chiants à entendre, mais pas plus que le mangerbouger quotidien assorti de sa consommation de 5 fruits et mon cul par jour...
Bref, il ne faut pas s'adresser aux gens comme à des cons mais ne jamais oublier qu'il y en a une proportion non négligeable.
"il y a de plus en plus de cons chaque année, mais là, j'ai l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà là..." Timsit
"si les cons étaient phosphorescents, c'est la terre qui éclairerait le soleil"
Nous voulons aussi du loisir, et puis je dirai que nous en avons le droit, à la limite du devoir. Devrions nous nous définir uniquement à travers notre couple, nos enfants, pour n'être que des coquilles vides, ne vivre qu'à travers les autres sans avoir aucun autre centre d'intérêt que celui du travail, de la famille ? Je le refuse.
je trouverai dommage que cet article qu'on ne peut comprendre que lorsqu'on l'a vécu, soit utilisé par des frustrés vivants dans leur grotte, n'ayant connu que leur mère et leur soeur pour femme, une caution pour un mode de vie loin des autres, loin de la vie. Oui les enfants c'est la plaie, c'est évident, mais c'est aussi la vie, être parent modifie la perception de la vie. Je pense que pour changer le monde, pour espérer le rendre meilleur, un adolescent des boutons plein la figure est une source d'inspiration et de motivation quotidienne.
En ce qui concerne la déconnexion, ce n'est pas le bon mot, c'est l'attention qui compte et parmi les moyens à mettre en oeuvre, intervient certainement la déconnexion.
Du droit à l'erreur et de la légitimité de critiquer.
J'aurais pu faire le choix de cet article : Paris : elle retrouve son logement dévasté après l'avoir mis en location sur Airbnb. La propriétaire a choisi de médiatiser directement l'affaire, la dernière fois que j'ai vu quelqu'un le faire c'était pour régler un différent avec Airbnb qui voulait faire taire un propriétaire mécontent de l'aumône qu'on voulait lui donner en contrepartie des dégâts subis. On ne parle pas au quotidien des millions de réservations à travers le monde qui se déroulent bien, on préfère s'arrêter sur cet incident, alors qu'on le fasse pour tout. Il y a quelques années, nous possédions un appartement à Saint-Pierre que nous avons revendu puis acheté la maison, il était géré par une agence qui n'a pas fait le job. Un clic clac neuf défoncé, des peintures à refaire etc ... Où sont les articles qui expliquent que dans les trois quarts du temps, ça se passe bien sur Airbnb ? Où sont les articles des hôteliers qui ont trouvé une chambre en désordre ?
En effet, si vous ne le sentez pas, ne faites pas d'enfants: vous n'êtes pas tenus de le faire, on s'accomplit soi-même beaucoup plus sans eux qu'avec eux...
Si vous avez des projets, des passions etc, dites-vous que tout passera au second plan [1].
Vous mangerez, dormirez, vous déplacerez, partirez, reviendrez, parlerez, vous tairez en fonction d'eux.
Tout. le. temps.
Aimer ses enfants, c'est facile: ils sortent, on vous les donne, vous les aimez... c'est automatique, presque animal.
Les faire grandir et s'épanouir tout en survivant à l'opération, c'est plus dur.
Il faudra savoir se faire passer en dernier tout le temps, savoir se dire non, pouvoir renoncer à plein de choses que vous aimiez avant, dire adieu au calme et au silence, pouvoir supporter qu'on vienne vous chercher et qu'on attende des choses de vous à toute heure, accepter de ne jamais rien mener à bien sans une quantité impressionnant d'interruptions[2]...
Comme je dis toujours, avoir des enfants, c'est bien parce qu'on n'est jamais tout seul mais c'est chiant parce qu'ON N'EST JAMAIS TOUT SEUL !
Et encore, mes gamins ne sont pas des tyrans ou des petits cons: ils sont affectueux, bien élevés (), profondément gentils, compréhensifs, intelligents... Je les aime au delà de tout et, comme tous les parents, je me jetterais au feu pour eux.
Mais ils ont tout le temps besoin de moi, s'embrouillent entre-eux pour un oui pour un non, entrent dans la phase où il faut répéter 5 fois par personne, viennent me chercher pour n'importe quelle broutille ou arbitrage, parlent fort (voire hurlent) quand on pourrait chuchoter, n'arrivent jamais à se mettre d'accord sur rien... c'est en quelques sorte le service minimum de la perturbation quand on a 4 enfants.
Ils sont une source de perturbations continuelle du matin au soir à tel point que si je veux m'adonner à une de mes passions, je dois attendre d'être seul chez moi.
Et je ne parle même pas des relations de couple: plus d'intimité, un/e conjoint/e qu'on ne fait plus que croiser comme un vulgaire coloc... et du coup, le soir, après le dernier coup de feu, il faut quand même aussi se retrouver, bavarder, se raconter des trucs: vivre une vie de couple... et non pas se mettre à ses projets perso.
Une époque, j'ai essayé de tout mener de front tout en prenant mon temps personnel sur mon sommeil après que mon épouse s'était endormie... ceux qui me suivent depuis longtemps savent que j'en ai fait un burnout.
Un jour, ma fille aînée m'a demandé si le burnout était de leur faute: je lui ai répondu que quand les parents vont mal, ce n'est pas la faute des enfants et je l'ai serrée dans mes bras.
Parce qu'après un tableau aussi sombre, il faut quand même dire ce qu'il y a de bien:
eux aussi ils vous aiment, et pas qu'un peu: vous êtes le roc auquel ils s'accrochent dès que ça ne va pas, leur phare, leur repère (même si l'adolescence peut être dure). Si vous n'étiez pas là, une énorme partie de leur monde et de leur personnalité s'écroulerait.
vous êtes accueilli par des «papaaaa» tonitruants, des câlins, des bisous et dès que vous sortez de leur champ de vision, ils demandent «où il est papa?»
on est fier de ce qu'on a accompli avec eux: certes on n'a pas pu faire ce qu'on voulait quand on le voulait, on n'a pas pu se consacrer à ses passions ou sortir quand on le voulait, mais ça valait le coup... voir leurs personnalités se former, les voir devenir de futurs adultes intelligents, sensibles aux autres et à l'égalité, faire des projets, vivre des moments en famille, répondre à leurs questions, partir en vacances ensemble... c'est formidable.
jouer avec eux: quand on renonce à faire ce qu'on voulait faire, on s'amuse vraiment bien avec eux: c'est comme ça qu'on se met à construire une cabane dans les arbres, un train légo, un circuit de billes, à entamer une partie endiablée de risk starwars ou de bonne paye et de s'y amuser vraiment...
on peut les faire marrer facilement et croyez-moi, il n'y a pas grand-chose de plus satisfaisant que d'être à l'origine d'un incoercible rire d'enfant
quand ils viennent en douce se glisser dans le lit parental pour chercher un câlin
quand, peu rassurés ou profitant de l'absence de leurs frères et sœurs, ils viennent vous prendre la main. (je crois que leurs petites mains dans la mienne sera une des choses qui me manqueront le plus)
vous avez des tonnes de choses à raconter, des aventures aux urgences aux petites phrases qui tuent (faudra que je fasse un post à ce sujet, qu'on se marre)
vous vous sentez complice de beaucoup de parents et vos gamins sont souvent un prétexte pour entamer une discussion avec les gens (et tous ne sont pas des connards )
J'en oublie beaucoup, pris dans la tourmente du quotidien et des urgences journalières, mais c'est tout ça qui fait oublier les difficultés et les tonnes de couches (littéralement[3]), la merde, les pipis, les vomis, les rdv, le bruit, le manque de sommeil, les projets passés à la trappe...
Moralité, faites des enfants si vous le sentez, sinon... ben c'est pas obligé.
[1] Pourquoi pensez-vous que je n'ai pas terminé BozonV3 ? parce que je n'ai pas pu m'y consacrer depuis trois ou quatre mois. Voilà
Quand je tente d'y replonger, on vient m'interrompre de suite.
[2] Une fois, j'ai voulu noter toutes les interruptions que je subissais dans la matinée. J'ai pris un postit. Au bout de deux heures, j'attaquais mon 4 ème post-it après une quarantaine d'interruptions. Dans la seule rédaction de ce billet, j'ai été interrompu environ 25 fois par mon petit dernier... D'ailleurs, je tape cette ligne avec mon gamin qui me parle, colle ses doigts sur l'écran, me demande son avis sur son coloriage (que je lui ai imprimé pour l'occuper le temps de taper ce billet), me parle de minecraft etc.
[3] on sort des couches à peine maintenant (mon dernier ne fait plus pipi au lit depuis début août), ça fait donc 13 ans de couches depuis la première. A trois couches/jour en moyenne (chiffre raisonnable compte-tenu du nb d'enfants)... environ 133603=14040 couches... à 16 balles les 50, environ 4500€... si on compte environ 300g de déjections par couche, mes gamins ont rejeté environ 4,3 tonnes de matières dans leur couches...