Le Clavier Cannibale: Le possessif qui pue: quand Valls joue les féministes

"ll y a des ambiguïtés et des risques d'accommodements de sa part [avec l'islamisme radical], c'est un des débats que nous avons à gauche, a-t-il déclaré. Il me semble important qu'on soit au clair. Il ne peut pas y avoir le moindre compromis avec les communautarismes et avec ces pratiques qui concernent nos femmes."



Manuel Valls



Note: Du rêve (et) du fascisme - Les liens du Lapin Masqué

Pour mémoire, je me note cette analyse de Kevin:

(...) les totalitaristes et autres extrémistes se foutent de savoir si ce qu'ils disent est vrai ou faux. D'ailleurs, la plupart du temps, ils savent pertinemment que c'est totalement faux. Mais ce n'est pas le but. Le but c'est de parler à des gens qui se foutent aussi de savoir si c'est vrai ou faux, c'est leur programme qu'ils communiquent ainsi. Lorsqu'ils disent un truc faux factuellement, ils disent en réalité que c'est ce qu'ils vont faire. Quand Le Pen rend une visite surprise à Calais sans prévenir personne sur place, dont elle sait que ça posera des problèmes, ce qu'elle dit là dessus n'a que peu d'importance, ce qu'elle dit en réalité c'est qu'elle virera les étrangers (en situation irrégulière ou non d'ailleurs) du territoire, et qu'elle est prête à utiliser les pires stratagèmes pour y arriver, et qu'elle se fout bien de respecter une quelconque règle au regard des personnes qui aident les réfugiés.

Mais comment ça se fait que l'éclatement de la vérité ne fait pas éclater les fachos et leur emprise ? Parce que ceux qui sont la cible de toute leur propagande se foutent de savoir si c'est vrai ou pas.

Comment est-ce possible ? Comment, devant l'étalement de la vérité implacable, le "fact checking", les arguments bétons, cette idéologie de haine progresse autant à coups de mensonges ? Comment en arrive-t-on à ne plus vouloir connaître la vérité, à balayer d'un revers de la main les faits ?

Il y a plusieurs explications, mais j'ai tilté sur un cheminement qui me semble intéressant. Bien évidemment, ça n'explique sans doute pas tout, mais c'est en tout cas une démarche contre laquelle on n'a déployé que très peu d'armes. Mais ça correspond de plus très bien avec le fait que l'extrême-droite est la "faction de cœur" du capitalisme.

Comment peut-on expliquer qu'on refuse ainsi la vérité ? Parce qu'on demande autre chose. Et si ce n'est pas la vérité, c'est donc le mensonge, la contre-vérité, le rêve. Et c'est là le problème : si ça marche (moins que ce qu'on pense, mais tout de même), c'est parce que ça fait rêver. Pas tout le monde, certes, mais c'est ce qui est vendu.

Mais pourquoi ce rêve là, emprunt de haine, de repli, de peur, de sang, plutôt qu'un autre ?

En raison des partis "de gouvernement". Que ce soit le PS ou LR, leur seul projet, c'est "le réel". Alors, qu'on s'entende bien, il ne s'agit pas "du réel" hein, mais de "leur réel", qu'ils ont le pouvoir de changer car ils ont le pouvoir, justement. Mais bref, donc, leur projet, leur mot d'ordre, leur préoccupation, c'est "le réel".

On ne compte plus le nombre de fois où quelqu'un qui s'aventure à rêver d'un monde meilleur se voit opposer "le réel", ce fameux réel qui est si réel qu'il n'a aucune existence propre, il n'est que le fruit du travail d'un ensemble, qui œuvre à la forger, jour après jour. Le réel, au final, ça se décide. Et eux ont décidé de ce qu'était le réel, et l'imposent comme étant LA vision de ce qui doit être, ce qu'est le monde aujourd'hui.

Sauf que ce réel, c'est le capitalisme. Et le capitalisme, il ne vient pas seul, il est très lié à un autre copain à lui, le libéralisme, dont il ne sera pas question ici mais qui est lui aussi lié à un autre copain qui nous intéresse : l'individualisme.

Par défense du "réel", on nous apprend à penser pour nous. "La solution est en vous", si on dérégule tout, chacun peut tirer son épingle du jeu, si on est assez débrouillard seul on peut être millionnaire, votre vie ne dépend que de vous, etc. On vous "responsabilise", à un point si inique que vous êtes "responsables" de tomber malade, d'avoir un accident, d'être au chômage, etc.

On vous force donc à ne penser qu'à vous même (d'ailleurs, si vous pensez aux autres, vous pouvez être poursuivis en justice), et le seul mot qu'ont les dirigeants à la bouche, c'est "le réel".

Alors, forcément, les gens ont envie de rêver. Le "fact checking", c'est encore et toujours du "réel", ça n'a, au final, rien d'intéressant, et donc que très peu d'impact. Et lorsqu'on vous force à ne penser qu'à vous, peu importe si le rêve proposé est dangereux pour les autres, après tout ? Et même au delà de ça, c'est pour ça que l'entrepreneuriat fait rêver. "Oui, c'est peut-être un parfait outil d'exploitation, mais moi je tirerai mon épingle du jeu".

Ils s'en foutent de ce qui est vrai. Ils s'en foutent que d'autres en prennent plein la gueule. Le rêve qui leur est proposé leur plaît. Le problème, de toute façon, ça peut pas être eux, puisqu'ils font tout bien comme on leur dit. C'est donc que le problème, c'est les autres. Tous les autres.

Et voilà pourquoi le fact checking ne marche pas. Voilà pourquoi un projet de haine paraît plus sympa qu'un projet altruiste.

Et le capitalisme, lui, il adore ça. Il ne peut pas rêver mieux que des gens qui se bouffent entre eux pour lui permettre de faire du profit sur leur dos.


Aussitôt aux commandes, Trump s’attaque à l’avortement | Le Devoir


Pouvait-on s'attendre à autre chose d'un macho réac misogyne agressif borné incapable et probablement impuissant (là, bien entendu, je suppute mais le probable est éventuel) ?


Pourtant, le monde entier peut tout à loisir constater les dégâts de l'absence du droit à l'avortement: la présence de Trump en est un exemple éclatant (si seulement sa mère avait pu avorter...)


On ne saurait lui en tenir rigueur: c'est la lente dégénérescence de la lignée d'un ancêtre dément qui, de mariages consanguins en refus d'avorter, à conduit à l'inévitable échec humain que constitue Trump.


Parti comme il est, il va foutre le monde à feu et à sang...



Note: À propos des réformes de l'orthographe et de la grammaire - Les liens du Lapin Masqué

GROS GROS +1
En espagnol,, la langue a été volontairement simplifiée dans un souci d'unification historique des royaumes. Résultat, une langue phonétique, logique et avec très peu de véritables difficultés.
En français, la langue a été complexifiée à dessein pour la réserver à une élite dont seraient exclus les pauvres et les femmes... C'est effrayant de voir que beaucoup cherchent de fait à maintenir cette oppression par la langue.

C'est l'usage qui fait la langue et pas le contraire... (et heureusement)
Alors bien sûr, comme tout changement, il est mal vécu par les réacs linguistiques qui voient tout changement comme une perte et une menace personnelle.

Pour le prédicat: [Un lien pour savoir de quoi on parle, quand même](http://www.charivarialecole.fr/a125065000/ )

Accros aux jeux vidéo ? L’adolescence n’est pas une maladie ! - Rue89 - L'Obs - HowTommy | Liens et actu en vrac - Choses vues, sur le web et ailleurs

Je n'ai pas lu l'article, mais bon, ça m'empêchera pas d'ouvrir ma mouille !

Entièrement d'accord sur l'aberration d'interdire les jeux vidéos et de laisser la télé en libre service...


Ensuite, le «quota» de jeux vidéos (et plus largement, d'écrans au sens général) est aussi fonction de l'âge du sujet, de sa faculté à maîtriser sa consommation seul, de ses résultats scolaires, de sa santé, de son sommeil, de sa capacité à vivre en société etc.
Il n'y a pas de cas général face aux activités à risque addictif, il me semble... il faut peut-être faire preuve de maturité, éviter d'interdire, responsabiliser etc.


En outre, les Jeux vidéos, c'est comme la télé: il faut peut-être également filtrer les contenus en fonction de l'âge de sujet, de sa maturité et de sa capacité à dissocier la réalité de la fiction...

Via plein de copains


BALLAST | L'abécédaire de Daniel Bensaïd

Le capitalisme global accorde aux individus la liberté – étroitement surveillée – de consentir à la logique implacable de la mondialisation marchande. Quelle est la liberté du chômeur sacrifié sur l’autel des cours boursiers ?


Il y a leur Non et le nôtre, résolument incompatibles. Michel Rocard lui-même admet piteusement aujourd’hui s’être « mépris sur le Non au référendum sur le traité constitutionnel européen : ce n’était pas un refus de l’Europe, c’était un Non à la dérégulation du marché du travail ». Tardive lucidité ! En attendant, la construction d’une Europe libérale conçue comme une machine à briser les acquis sociaux aura réussi à compromettre l’idée européenne auprès de millions de travailleurs.


Quand les travailleurs et les peuples résistent, quand la loi libérale ne passe plus, l’Union européenne fait donner le pouvoir judiciaire pour passer en force et autoriser le marché à dicter sa loi.



Personne ne peut dire à quoi ressembleront les révolutions du XXIe siècle. En tant que système dominant, le capitalisme n’a que quelques siècles. Il n’est pas éternel. Il finira, pour le meilleur ou pour le pire. Car nous entrons dans une crise de civilisation de longue durée, où la réduction du monde à une mesure marchande est de plus en plus irrationnelle et misérable. L’essentiel, c’est de donner sa chance à la part non fatale de l’histoire.


BALLAST | L'abécédaire de Noam Chomsky

Superbe et actuel:

Rappelez-vous, tout État, tout État a un ennemi principal : sa propre population. Si le climat politique commence à se détériorer dans votre propre pays et que la population commence à devenir active, toutes sortes de choses horribles peuvent arriver ; il faut donc que vous fassiez en sorte que la population reste calme, obéissante et passive. Et un conflit international est un des meilleurs moyens pour y arriver : s’il y a un dangereux ennemi dans les environs, les gens vont abandonner leurs droits, parce qu’ils doivent survivre.


Je ne pense pas qu’il devrait exister de lois contraignant les femmes à retirer leurs voiles ou à opter pour tel ou tel vêtement de baignade. Les valeurs séculières devraient être honorées : parmi elles, le respect des choix individuels tant que cela ne nuit pas à autrui. Les valeurs séculières devant être respectées sont mises à mal lorsque le pouvoir d’État empiète sur des domaines qui devraient relever du choix personnel. Si les juifs hassidiques choisissent de se vêtir dans des manteaux noirs, des chemises blanches et des chapeaux noirs, les cheveux conforme au style orthodoxe et l’habit religieux, ce n’est pas l’affaire de l’État. De même lorsqu’une femme musulmane décide de porter un foulard ou d’aller nager en burkini.



L’anarchisme, à mon avis, est une expression de l’idée que la responsabilité de prouver ce qu’on avance revient toujours à ceux qui affirment que l’autorité et la domination sont nécessaires. Ils doivent démontrer, avec de solides arguments, que cette conclusion est correcte. S’ils ne le peuvent pas, alors les institutions qu’ils défendent devraient être considérées comme illégitimes.


Les élections n’offrent pas d’issue car les centres de décisions — la minorité des nantis — se rejoignent pour instituer une forme particulière d’ordre socio-économique. Ce qui empêche le problème de trouver son expression. Les choses dont on discute ne touchent les électeurs que de loin : questions de personnes ou de réformes dont ils savent qu’elles ne seront pas appliqués. Voilà ce dont on discute, non ce qui intéresse les gens.


L’endoctrinement n’est nullement incompatible avec la démocratie. Il est plutôt, comme certains l’ont remarqué, son essence même. C’est que, dans un État militaire, ce que les gens pensent importe peu. Une matraque est là pour les contrôler. Si l’État perd son bâton et si la force n’opère plus et si le peuple lève la voix, alors apparaît ce problème. Les gens deviennent si arrogants qu’ils refusent l’autorité civile. Il faut alors contrôler leurs pensées. Pour ce faire, on a recours à la propagande, à la fabrication du consensus d’illusions nécessaires.


L’argument le plus fréquent est qu’il fallait faire quelque chose : on ne pouvait pas rester les bras croisés alors que les atrocités continuaient. On a toujours le choix. Il est toujours possible de suivre le principe d’Hippocrate : “D’abord ne pas faire de mal.” Si vous ne parvenez pas à adhérer à ce principe élémentaire, ne faites rien. Il existe toujours des voies à explorer. La diplomatie et les négociations ne sont jamais épuisées

BALLAST | L'abécédaire de George Orwell

La seule chose au nom de laquelle nous pouvons combattre ensemble, c’est l’idéal tracé en filigrane dans le socialisme : justice et liberté. Mais ce filigrane est presque complètement effacé. Il a été enfoui sous des couches successives de chicaneries doctrinales, de querelles de parti et de "progressisme" mal assimilé, au point de ressembler à un diamant caché sous une montagne d’excréments


Le fascisme n’a pas de contraire réel excepté le socialisme. On ne peut pas se battre contre le fascisme au nom de la "démocratie" parce que ce que nous appelons démocratie, dans un pays capitaliste, ne peut exister que tant que les choses vont bien ; dans les moments de difficulté, elle se transforme immédiatement en fascisme.


Il y a une expression qui est fort en vogue dans les milieux politiques de ce pays : "Faire le jeu de". C’est une sorte de formule magique ou d’incantation, destinée à cacher les vérités dérangeantes. Quand on vous dit qu’en affirmant telle ou telle chose vous "faites le jeu" de quelque sinistre ennemi, vous comprenez qu’il est de votre devoir de la boucler immédiatement.



Derrière tous les discours dont on nous rebat les oreilles à propos de l’énergie, de l’efficacité, du devoir social et autres fariboles, quelle autre leçon y a-t-il que "amassez de l’argent, amassez-le légalement, et amassez-en beaucoup" ? L’argent est devenu la pierre de touche de la vertu. Affrontés à ce critère, les mendiants ne font pas le poids et sont par conséquent méprisés.


J’entends avant tout par "nationalisme" cette façon d’imaginer que les hommes peuvent être l’objet d’une classification semblable à celle des insectes, et que des millions ou des dizaines de millions d’entre eux peuvent ainsi être, en bloc et avec une parfaite assurance, étiquetés comme "bons" ou "mauvais". […] Le nationalisme est indissociable de la soif de pouvoir.

BALLAST | L'abécédaire de Pierre Bourdieu

tous les mouvements de contestation de l’ordre symbolique sont importants en ce qu’ils mettent en question ce qui parait aller de soi ; ce qui est hors de question, indiscuté. Ils chahutent les évidences.


Il n’y a pas un racisme, mais des racismes : il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent.


Aussi bien dans les relations entre nations qu’à l’intérieur de celles-ci, l’universalisme abstrait sert le plus souvent à justifier l’ordre établi, la distribution en vigueur des pouvoirs et des privilèges, — c’est-à-dire la domination de l’homme, hétérosexuel, euro-américain (blanc), bourgeois —, au nom des exigences formelles d’un universel abstrait (la démocratie, les droits de l’homme, etc.) dissocié des conditions économiques et sociales de sa réalisation historique ou, pire, au nom de la condamnation ostentatoirement universaliste de toute revendication d’un particularisme et, du même coup, de toute “communauté” construite sur la base d’une particularité stigmatisée (femmes, gays, Noirs, etc.)


Combattre une politique visant à démanteler le Welfare State, c’est-à-dire combattre une politique qui détruit tous les acquis les plus progressistes du passé, c’est s’exposer à apparaître comme archaïque. Situation d’autant plus paradoxale que l’on est amené à défendre des choses que l’on souhaite au demeurant transformer, comme le service public, l’État national, les syndicats ou même l’école publique qu’il faut continuer à soumettre à la critique la plus impitoyable.






Au Zimbabwe, Robert Mugabe promet la libération d’un couple gay emprisonné, « quand l’un sera enceinte de l’autre ! »



Dieudonné y est encore considéré comme un artiste... wtf ?! Il ne perd jamais une seule occasion de cracher sa merde et de rappeler au monde qu'il est un connard qui soutient des ordures.
Son apparente démarche initiale, qui semblait être de tester la limite de la liberté d'expression, est devenue, à force d'obstination, au mieux de la bêtise pure et simple, au pire de la véritable provocation à la haine de l'autre. Tout ça pour désespérément continuer à exister dans les médias.

J'apprendrais aux infos qu'il s'est fait sauter dans un attentat, je ne hausserais même plus un sourcil.

Plus léger: j'adore la photo de titre

Via SebSauvage


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